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Ci-dessous les questions fréquentes sur le
problème de la Désertification et les
actions de la CCD. Si vous avez des questions supplémentaires,
n'hésitez pas à contacter le Secrétariat
de la CCD à l'adresse: secretariat@unccd.int.
Questions Fréquentes:
Qu'est ce que
la Désertification?
Comment empêcher
la dégradation des sols et réhabiliter
les sols dégradés?
La Désertification
est-elle un phénomène global?
Pourquoi est-il
important de combattre la Désertification?
Qu'est ce que la
Convention des Nations Unies sur la lutte contre la
Désertification (UNCCD)?
Qu'est ce que les
Programmes d'Action Nationaux et les Rapports nationaux?
Qu'est ce que la
Conférence des Parties (COP)?
Qu'est ce que le
Comité de la science et de la technologie (CST)?
Qu'est ce que le Comité chargé de l'examen
de la mise en œuvre de la
Convention (CRIC)?
Quelle est la
relation avec les autres conventions environnementales?
Quel progrès
a-t-il été fait depuis la Convention
a été mise en œuvre?
Qu'est
ce que la Désertification? (haut
de la page)
La désertification consiste non pas dans l'extension
naturelle des déserts existants, mais dans
la dégradation des sols dans les zones arides,
semi-arides et subhumides sèches. Il s'agit
d'un processus de perte progressive de productivité
du sol et d'amenuisement du couvert végétal
imputable aux activités humaines et aux variations
du climat comme des sécheresses prolongées
et inondations. Ce qui est alarmant, c'est que si
la terre végétale est maltraitée,
elle risque d'être emportée par l'eau
et par le vent, auquel cas il lui faut des siècles
pour se reconstituer. Parmi les causes, nous pouvons
citer les activités humaines telles que la
surexploitation, le surpâturage, le déboisement
et les mauvaises pratiques en matière d'irrigation.
Ces agissements ont généralement pour
cause les pressions économiques et sociales,
l'ignorance, la guerre et la sécheresse.
Comment
empêcher la dégradation des sols et réhabiliter
les sols dégradés?
(haut de la page)
Les mesures suivantes sont entreprises pour prévenir
la dégradation des terres et réhabiliter
les terres dégradées : amélioration
des systèmes d'alerte précoce et de
la gestion des ressources en eau, une gestion durable
des pâturages et des ressources forestières
l'aero semillage sur des dunes de sable; brise-vents,
ceintures vertes; agroforesterie; le boisement et
le reboisement; l'introduction de nouvelles espèces
et variétés ayant une capacité
de tolérance par rapport à l'aridité
et /ou la salinité; et l'implantation habitations
humaines ne nuisant pas à l'environnement.
Parce que la pauvreté oblige les populations
dont la subsistance dépend de la terre à
surexploiter celle-ci pour s'alimenter, se loger et
disposer de sources d'énergie et de revenus,
la désertification est en même temps
la cause et la conséquence de la pauvreté.
Pour être efficace, toute stratégie doit
s'attaquer aux racines même de la pauvreté.
Elle doit tenir compte des structures sociales et
du régime de la propriété foncière
et prévoir des activités appropriées
d'enseignement et de formation professionnelle afin
de présenter une approche totalement intégrée
qui seule permettra de lutter efficacement contre
la désertification.
La
Désertification est-elle un phénomène
global ? (haut
de la page)
La désertification est un problème global
qui touche directement plus de 250 millions de personnes
et menace un tiers de la superficie des terres émergées
du globe, ou plus de 4 milliards d'hectares. Elle
menace aussi les moyens de subsistance d'environ un
milliard de personnes vivant dans plus de 100 pays,
qui dépendent du sol pour la plupart de leurs
besoins et qui sont en général les plus
pauvres du monde.
Même si elle touche principalement l'Afrique,
qui se compose pour deux tiers de déserts et
de zones arides, le problème ne se limite pas
aux terres arides de ce continent. Aux Etats-Unis,
plus de 30 % des sols sont affectés par la
dégradation des sols. L'Amérique latine
et les Caraïbes se composent pour un quart de
désert et de zones arides. Un cinquième
du territoire espagnol risque de se transformer en
désert. En Chine, depuis les années
50, les amoncellements de sable et les déserts
en expansion ont englouti près de 700 000 ha
de terres cultivées, 2,35 millions d'hectares
de terrains de parcours et 6,4 millions d'hectares
de forêts, d'espaces boisés et de maquis.
Dans le monde entier, quelque 70 % des 5,2 milliards
d'hectares de sols arides utilisés pour l'agriculture
sont dégradés et menacés par
la désertification.
Pourquoi
est-il important de combattre la Désertification
? (haut de
la page)
Désertification est au centre des problèmes
politiques et socio économiques et menace l'équilibre
environnemental dans des régions affectées.
La perte de productivité des sols aggrave la
pauvreté dans les terres arides, forçant
les paysans à gagner leurs vies dans des terres
plus fertiles ou en villes. De fait, 135 millions
de personnes - l'équivalent de la population
totale de l'Allemagne et de la France - risquent d'être
déplacées à cause de la désertification.
On s'attend à ce qu'entre 1997 et 2020, une
soixantaine de millions de personnes abandonnent les
zones désertifiées de l'Afrique subsaharienne
pour l'Afrique du Nord et l'Europe. Selon certaines
études à long terme portant sur l'Afrique
de l'Ouest, un mouvement migratoire constant devrait
se produire depuis les régions du Sahel vers
les villes côtières, dont la population
serait multipliée par 3,5 pour atteindre 271
millions d'habitants dans 20 ans. La moitié
des conflits armés en 1994 étaient dus
à des causes écologiques caractéristiques
des zones arides. La désertification a également
de graves conséquences pour la nature. Elle
rend les terrains inondables et entraîne la
salinisation des sols, la détérioration
de la qualité de l'eau et l'envasement des
cours d'eau et des bassins. Des pratiques non durables
en matière d'irrigation risquent de conduire
à l'assèchement des cours d'eau qui
alimentent les grands lacs : les rives de la mer d'Aral
et du lac Tchad se sont ainsi considérablement
réduites. La dégradation des sols est
une source majeure de pollution marine d'origine terrestre
du fait que l'eau et les sédiments pollués
sont emportés par les grands cours d'eau.
Qu'est
ce que la Convention des Nations Unies sur la lutte
contre la
Désertification (UNCCD)? (haut
de la page)
La question a été discutée pour
la première fois à l'échelle
planétaire lors de la Conférence des
Nations Unies sur la désertification organisée
en 1977 à Nairobi (Kenya). Toutefois, en raison
d'un manque d'appui administratif et financier, les
tentatives de s'attaquer efficacement au problème
de la désertification ont échoué.
C'est pourquoi, en 1992, les participants à
la Conférence des Nations Unies sur l'environnement
et le développement, dite aussi Sommet "
Planète Terre ", ont recommandé
l'élaboration d'une Convention sur la lutte
contre la désertification. Cette convention,
la seule qui découle d'une recommandation directe
du programme Action 21, a été adoptée
à Paris le 17 juin 1994 et est entrée
en vigueur en décembre 1996. Il s'agit du premier
et du seul instrument juridiquement contraignant mis
en place pour aborder le problème de la désertification.
La Convention est fondée sur les principes
de la participation, du partenariat et de la décentralisation,
pivots d'un sain exercice de l'autorité. Elle
compte actuellement plus de 180 pays Parties, ce qui
en fait un instrument réellement global.
Qu'est
ce que les Programmes d'Action Nationaux et les Rapports
nationaux?
(haut
de la page)
Les Programmes nationaux d'action sont au cœur
de la convention et constituent le cadre conceptuel
et légal pour la mise en œuvre de la Convention
aux niveaux national et local. Ils ont pour but d'identifier
les facteurs contribuant à la désertification
et les mesures pratiques nécessaires à
combattre la désertification et réduire
les effets de sécheresse. La Convention exige
que les pays affectés élaborent et mettent
en œuvre ces programmes d'action avec la participation
entière des communautés locales et de
tous les acteurs intéressés. Ces programmes
d'action doivent par la suite être intégrés
aux autres programmes de développement. De
plus, les pays Parties et les Observateurs doivent
régulièrement soumettre des rapports
à la Conférence des Parties sur les
progrès réalisés dans la mise
en œuvre de la Convention. Sur la base de ces
Rapports nationaux, le Comité chargé
de l'examen de la mise en œuvre de la Convention
(CRIC), un organe subsidiaire de la Conférence
des Parties, évalue et analyse les progrès.
Le CRIC se réunit une fois par an afin d'identifier
et de diffuser les meilleures pratiques, les limites
et les contraintes dans le but d'améliorer
la mise en œuvre de la Convention.
Qu'est
ce que la Conférence des Parties (COP)?
(haut de la page)
La Conférence des Parties est l'organe suprême
décisionnel de la Convention. Elle a pour mandat
d'examiner la mise on œuvre de la Convention;
d'assurer la promotion et de faciliter l'échange
d'information; d'approuver le budget et les programmes
d'activités de ses organes subsidiaires; de
coopérer avec les organisations internationales,
ONGs et autres conventions. Elle se réunit
tous les deux ans depuis 2001.
Qu'est
ce que le Comité de la science et de la technologie
(CST)? (haut
de la page)
Mis en place dans le cadre de l'article 24 de la Convention
comme un organe subsidiaire de la COP, le Comité
de la science et de la technologie (CST) fournit à
la COP des informations et des conseils sur les aspects
scientifiques et technologiques de la lutte contre
la désertification et de la réduction
de la sécheresse. Composé de représentants
des gouvernements, le Comité identifie les
priorités de recherche et propose des solutions
pour renforcer la coopération entre les chercheurs.
La Convention encourage la protection des connaissances
traditionnelles favorable au développement
durable ainsi que l'échange de données
et d'informations technologiques à travers
le CST.
Qu'est
ce que le Comité chargé de l'examen
de la mise en œuvre de la
Convention (CRIC)? (haut
de la page)
Mis en place par la COP 5 en 2001 comme un organe
subsidiaire, il examine et analyse les rapports nationaux
soumis à la COP qui font le point sur l'état
de la mise en œuvre de la Convention par les
Parties et les Observateurs dans le but d'améliorer
la cohérence et l'efficacité des politiques
et programmes destinés à restaurer l'équilibre
écologique dans les zones arides. Il se réunit
annuellement depuis 2002. Son mandat sera revu lors
de la COP7 en 2005.
Quelle
est la relation avec les autres conventions environnementales?
(haut de la page)
La désertification est étroitement liée
aux changements climatiques de la planète et
à la diminution de la diversité biologique.
Une synergie entre les trois Conventions dites de
Rio (Convention-cadre sur les changements climatiques
et la Convention sur la biodiversité) est donc
fortement encouragée afin d'élargir
la portée des mesures adoptées. La désertification
fait apparaître la nécessité de
coordonner les activités relatives à
la protection de l'environnement et à la gestion
des ressources naturelles ainsi que l'aspect complémentaire
des trois conventions à tous les nivaux. Un
Groupe de Liaison Mixte (GLM) a été
établi en 2001 entre les secrétariats
des trois conventions. Le GLM recueille et partage
l'information sur les programmes de travail et les
opérations de chaque convention.
Quel
progrès a-t-il été fait depuis
la Convention a été mise en œuvre?
(haut de la page)
La Convention, qui a atteint le stade de la maturité,
continue d'évoluer, passant de l'élaboration
des programmes d'action nationaux à leur mise
en œuvre. L'évaluation de ces programmes
par les Parties en 2000 et 2001 a montré que
le renforcement des capacités des principaux
protagonistes au niveau local a permis de cerner les
obstacles qui s'opposent à un développement
durable et de s'y confronter. L'approche ascendante
de la Convention a contribué au resserrement
des liens qui existent entre les gouvernements et
les collectivités locales, surtout dans les
grands pays. Elle a également favorisé
la participation décentralisée au processus
de développement des protagonistes et des utilisateurs
finals des ressources naturelles. Pendant la première
session du Comité chargé de l'examen
de la mise en œuvre de la Convention qui a eu
lieu en novembre 2002 à Rome, plusieurs solutions
innovatrices ont été identifiées
par les pays Parties. L'échange d'information
sur les meilleures pratiques et leur duplication au
niveau international devrait renforcer la lutte contre
la désertification et relancer la coopération
Sud-Sud et Nord-Sud entre les différents pays
et régions. |